L’agréable découverte du Rwanda

Le Rwanda, un petit pays plein de ressources et de volonté

Le départ de Paris 

Départ prévu à 4h du matin, après une nuit de sommeil de 2h. Bagages enregistrés, billets d’avions en main, nous sommes prêtes pour l’aventure. Nous ne savons pas ce qui nous attend et c’est sûrement le plus excitant. L’essentiel c’est notre objectif : vous écrire pour vous décrire cette magie qui nous habite et essayer au mieux de capter ces merveilleux moments. Faire honneur à votre confiance et votre engagement pour la cause que nous avons choisi de défendre : l’éducation. En parallèle du tournage, nous participons à la construction d’une cuisine pour 400 enfants scolarisés avec d’autres bénévoles. Premier vol : le manque de sommeil et l’appréhension nous rattrape. Nous nous écroulons un instant. Plus rien ne compte, le temps s’est arrêté quand nous sommes monté dans l’avion. Second vol : Il est 12:23, nous avons encore 6h50 de vol. J’ai hâte de poser mes pieds dans ce pays tant chargé d’histoire, le Rwanda. 18h50 : alors que nous atterrissons nous apprenons que nos bagages sont restés à Bruxelles. Nous ne pourrons les récupérer que jeudi. L’aventure commence avec une belle épreuve : se débrouiller avec quelques vêtements trouvés dans notre deuxième sac à main !

Ce soir, nous dormirons à Kigali et prendrons la route demain matin en direction de Rukomo : notre ville d’adoption pour les 15 prochains jours. (L’année passée, la découverte du chantier à Madagascar était un moment fort en émotion,) je me languis d’être à lundi pour découvrir les murs de la future cuisine. Le chantier a débuté avec la première équipe de bénévole et nous prenons la relève !

L’arrivée sur le chantier de l’école Sainte Anne

Après une nuit chez les sœurs à Kigali, direction le mall (centre commercial) pour acheter une brosse à dent et une culotte, histoire de pouvoir se changer tous les jours. Nous avons été accueillis comme des reines et nous mangeons très bien. 
Nous avons pris un mini bus pour nous rendre sur le chantier juste à côté de l’école, où nous allons dormir. Sur les routes sans trottoirs, le chauffeur klaxonne souvent pour prévenir les passants à pied ou à vélo qui transportent des choses lourdes (des paniers plein en osier sur leur tête ou encore des bidons d’eau qu’ils remplissent près des rivières) et en profitent pour faire leur lessive. La lessive en Afrique est symbolique, c’est un moment de partage entre amis et en famille, tout le monde apporte son linge et participent au lavage, essorage et séchage. Pour se faire, ils étendent tous les vêtements sur l’herbe, sur les arbres et sur les toits afin de les faire sécher au soleil. Les couleurs envahissent l’espace ! 

Les bananiers nous suivent tout le trajet, ils ressemblent à des énormes feuilles d’un mètre sur un tronc assez fin. Le rouge de la terre, le vert des arbres et le bleu du ciel nous offrent un paysage naturel et apaisant. J’aime voyager en voiture pour apprécier l’étendu des forêts et de la terre. C’est exactement cette vision qui nous rappelle l’infiniment grand et l’infiniment petit dont nous faisons parti. 

Nous découvrons notre chambre pour les 15 prochains jours, un dortoir avec 5 lits préparés pour nous. Nous installons nos affaires et découvrons dans la soirée que nous allons avoir des nuits difficiles (grincements du bois et des portes). Si une fille bouge dans son lit, nous sommes toutes réveillées mais avec la fatigue, nous n’entendrons plus rien c’est certain !

Les premiers jours de chantier 

Levé à 6h, petit déjeuner, 7h prêt à commencer ! Pendant ce temps, les enfants arrivent à partir de 6h15 à l’école pour nettoyer la cour de récréation et tout l’espace vert autour. À 7h, les enfants se tiennent tous en rang par ordre des classes, des plus petits aux plus grand ! 7h30 c’est le début de l’école. En tout, 400 enfants se tiennent devant nous. Ils chantent et s’expriment en cœur avec respect envers le professeur. C’est joli à voir et très émouvant lorsqu’ils nous chantent à l’unisson « Bienvenue, bienvenue, nous sommes ravie de vous accueillir, bienvenue, bienvenue… » Nous les regardons un moment puis la directrice de l’école sœur Lucie arrive et nous présente. À tour de rôle, nous les saluons en leur indiquant notre prénom qu’ils répètent pour le retenir, et certains prénoms sont plus faciles que d’autre ! Nous visitons leur classe et faisons connaissance avec le corps professoral. Dès leur plus jeune âge, on leur enseigne l’anglais et le français. 

Après cet accueil riche en émotions, nous nous dirigeons vers le chantier. La cuisine nous attend ! Avec Marie, nous nous occupons de peindre les structures en fer avec de la peinture anti rouille, le coup de main arrive petit à petit. Puis, nous nettoyons le sol à l’intérieur du chantier afin de débuter le terrassement. Après le déjeuner préparé par sœur Pelagie et deux d’entre nous, nous effectuons une petite sieste sur un drap à l’ombre, le rituel classique.

Nous recommençons à 13h30 par la disposition de pierres dans une première pièce. Par la suite, nous verserons du béton par dessus. L’effort et la fatigue se fait sentir à la fin du premier jour. Les visages se plissent, les jambes sont lourdes, nous avons hâte de nous poser. 16h40, je ne tiens plus, je rejoins le réfectoire et m’assoit sur les marches. Quelle journée forte en émotions ! Nous prenons le temps d’échanger entre nous puis c’est l’heure de la douche (froide), cheveux savonnés, il n’y a plus d’eau qui sort du pommeau, je termine avec des petits seaux d’eau.

Cela fait maintenant trois jours que nous n’avons pas eu de connexion internet. Le but du voyage est aussi de se retrouver seule et se détacher de tout ça mais je m’en veux de ne pas donner de nouvelles à toute la team FTB (vous) et à mes proches. Je demande à avoir une carte SIM avec une connexion mais c’est véritablement un parcours du combattant. 

Une journée privilégiée à Kigali 

Ce matin, je me réveille un peu plus tôt car nous assistons à la messe des enfants à 6h30. C’était très émouvant. Une cinquante d’enfants étaient présents avec toute la communauté. Ils sont très sages et connaissent le protocole par cœur. Les plus petits étaient tout autour de nous et certains d’entre eux ont souhaité s’assoir entre nous en nous donnant la main. Nous avons eu un accueil chaleureux encore une fois avec une présentation officielle de chacun d’entre nous. 

A notre retour, sœur Lucie nous informe que la voiture est de nouveau fonctionnelle, et que nous pouvons donc aller récupérer les bagages à l’aéroport. Je décide d’y aller malgré les 8h de voiture aller-retour que je vais devoir faire en une journée. Je suis très reconnaissante que mes camarades me laissent y aller, mais finalement je crois qu’eux mêmes sont reconnaissants que j’y aille à leur place 🙂

Je redécouvre les paysages et me rappelle à quel point j’ai hâte de vivre seule ces 3 mois en Afrique. Je discute avec sœur Clarisse de ses projets et des miens, puis je m’endors. 2h plus tard, nous sommes arrivés à Kigali à l’aéroport. Les 6 bagages manquants récupérés, nous sommes allés déjeuner dans un restaurant en haut d’un centre commercial. Les assiettes servies sont énormes, quand nous sortons de table, nous sommes rassasiés. 

C’est parti pour les courses dont je suis chargée : du gouda, jambon, casseroles, couteaux, seaux, et cigarettes. J’entre dans le cœur de la ville avec sœur Clarisse et beaucoup de regards se posent sur moi. 

En effet, je suis la seule de couleur blanche à me balader ici, mais je me sens comme chez moi. Je reçois de nombreux sourire et de « bienvenue chez nous ». Nous allons dans un centre commercial Simba Supermarket pour acheter le fromage et le jambon. Je remarque que le chocolat est très cher ici. 
Nous allons en ville et je découvre les magasins qui s’enchaînent les uns après les autres avec globalement les mêmes produits à vendre (le nécessaire pour la maison). Sœur Clarisse négocie un lot de 6 casseroles et une dizaine de couteaux pour 55000 francs (l’équivalent de 55€). Nous partons à présent à la recherche des seaux. Après trois magasins elle décide d’abandonner car le prix est trop élevé (1500 francs le petit seau l’équivalent d’1,5€). J’apprécie chaque minute, j’ouvre grand mes yeux pour capturer chaque image. Beaucoup de monde traverse les rues et au moins cinq taxis moto s’arrêtent pour me proposer de m’emmener quelque part. À Kigali, il y a peu de taxis voiture mais des taxis moto en quantité impressionnante. Le chauffeur nous conduit mais j’avoue que je ne suis pas toujours rassurée car il aime beaucoup doubler dans les virages. Après l’avoir retrouvé, nous avons été chercher deux autres sœurs à la communauté et nous prenons la route pour retourner à Rukomo. Il fait nuit maintenant et il est 18h. Le Rwanda est très peu touristique, j’aime beaucoup l’ambiance qui y règne et le respect qu’ils ont les uns envers les autres.

A mon arrivée, à 22h, je suis accueillie comme une personnalité, allée d’honneur, lumière et musique. Je me doute que ce qu’ils attendent sont leurs bagages 🙂 

L’avancée du chantier 

Sur le chantier, nous commençons les joints tout autour du bâtiment, le soleil est avec nous. Nous peignons les fenêtres et les isolants avec de l’anti rouille, nous nous en mettons partout. Nous lançons de l’enduit à l’intérieur des pièces avec les truelles, ce n’est pas une mince affaire mais nous nous débrouillons. Nous allons chercher de l’eau au puits, nous portons les cailloux pour construire le sol. Au retour de déjeuner, la structure du toit est posée. 
Les journées passent plus vite et sont rythmées par les pauses déjeuner, les danses sur le chantier avec les ouvriers, les siestes et les discussions philosophiques. 
Vendredi soir, nous avons organisé un pot pour les ouvriers. Tous réunis en cercle, les ouvriers enchaînent les bières et nous aussi. 

Dès que j’ai un moment, je filme les enfants courir, rire, jouer et danser.

Le week-end Safari 

Réveil 6h20 pour le weekend surprise !

Départ en direction du parc d’Akagera pour un safari. Nous arrivons vers midi à la réception et le cadre nous offre une vue spectaculaire sur le parc. Nous déjeunons tous ensemble avec Sœur Pélagie et le chauffeur. À 14h, la surprise continue avec un tour en Safari Boat d’une heure sur le deuxième plus grand lac du Rwanda. Nous voyons beaucoup d’oiseaux majestueux dont plusieurs aigles pêcheurs qui s’envolent devant nous. Nous avons la chance d’assister à la baignade d’une maman hippopotame avec ses petits. Nous avons pu voir une quinzaine d’hippopotame (enfin du moins leurs oreilles et leurs yeux dépasser de l’eau) … et deux crocodiles !

De retour sur la terre ferme, direction le campement car la nuit tombe vite. Découverte du lieu avec un énorme feu de bois et une vue sur le lac avec la continuité de la savane. Après la préparation du dîner au barbecue et l’installation de nos sacs de couchage dans les tentes, nous assistons au coucher du soleil. Plus personne ne parle et nous observons la nature dans toute sa splendeur. Le dîner se fait à la lumière de nos lampes torches et du feu qui nous réchauffe. A 20h30, malgré la fatigue, nous restons allongés sur l’herbe ouvrant grand les yeux pour apprécier la beauté de cette masse noire tachetée d’étincelles, le ciel étoilé. Dans le silence et dans le noir, nous sommes tous comme des enfants avec des rêves plein la tête. C’est un moment unique !

Le lendemain, nous nous levons à 5h30 pour assister au levé du soleil mais malheureusement le brouillard est trop dense. Le petit déjeuner se fait dans la joie et le rire comme toujours. La chance nous sourit, nous observons des zèbres, des girafes, des topis, des impalas, des éléphants, des hippopotames et des lions. C’est fantastique !
Le guide nous raconte que le parc a été envahi et beaucoup d’animaux sont morts lors du génocide du Rwanda en 1994. Grace à la rentabilité du parc depuis 4 ans, ils réintroduisent petit à petit des animaux (tels que les rhinocéros noirs et les lions). Après quelques centaines de photos prises dans une savane silencieuse, nous regagnons Rukomo. Nous avons passé la journée dans la voiture mais la vue en valait la peine.

Madagascar, pays aux milles visages

“Bonjour les Vazahas” !

Audrey est partie en été 2018 dans la commune de Farafangana, au sud-est de l’île de Madagascar. Une mission réalisée avec Coup de Pouce Humanitaire, le cabinet de conseil l’Oiseau Rare (partenaire) et Forthebest Education.

Comment cette aventure a-t-elle démarré ?

Quand je suis arrivée chez l’Oiseau Rare, j’ai été ravie de découvrir le partenariat mis en place avec Coup de Pouce Humanitaire (CPH) ! Cela faisait longtemps que je souhaitais m’investir dans un projet humanitaire.
J’ai sauté le pas lors de la réunion d’information semestrielle de CPH, en mars, lors de laquelle toutes les missions passées et à venir sont présentées. C’est effectivement plus simple de se projeter avec les retours d’expérience des volontaires.
Pour l’occasion, l’Oiseau Rare organise un événement avec tous les salariés.
Après un échange avec Hélène (la charismatique présidente de CPH), je choisis finalement ma destination : Madagascar ! Le projet est ambitieux, il s’agit de construire une école pour 75 enfants !

Comment s’est passé le départ ?

Samedi 14 juillet 2018, rendez-vous fixé à l’aéroport avec 11 inconnus avec qui j’allais passer les trois prochaines semaines.
10h30 de vol pour parcourir les 9000 km qui séparent Paris de Tananarive, une courte nuit dans la capitale, une victoire en finale de la Coupe du Monde, 24 heures épiques de taxi-brousse et 670 km de routes et de pistes souvent impraticables.
Nous arrivons enfin à Farafangana, commune du Sud-Est de l’île Rouge dans laquelle Coup de Pouce se rend pour la première fois.

Comment as-tu vécu l’arrivée au village et ton premier jour de chantier ?

Adel, le directeur de l’école actuelle, nous a accueilli à bras ouverts.
L’objectif de notre projet est de construire une deuxième école pour accueillir quatre classes (petite section, moyenne section, grande section et CP1) et répondre ainsi aux besoins croissants de scolarisation d’une population composée à 40 % de jeunes de moins de 14 ans. Aujourd’hui, un enfant sur quatre n’est pas scolarisé en primaire et l’école publique n’est pas en capacité de couvrir tous les besoins.
L’alphabétisation et l’apprentissage du Français, l’une des langues officielles, sont essentiels à la construction d’un avenir meilleur pour la jeunesse malgache et pour le pays. Il est donc essentiel de se concentrer sur les premières années de scolarité.
L’inauguration du chantier se fait sous la pluie, en présence des élus locaux, des parents et des enfants du quartier. Le chef du quartier voisin de Mahatsara Nord prononce un discours très émouvant, puis les femmes se mettent à chanter, à taper dans leurs mains et à danser. C’est dans cette atmosphère de fête et d’émotion que notre groupe de volontaires découvre le chantier et commence à s’atteler au travail, sous le regard à la fois reconnaissant et amusé des habitants.

A quoi ressemble une journée type sur un chantier ?

Le chantier débute tous les jours à 7h30 et se termine à 17h30. 10h de travail par jour avec un objectif : monter des murs !
Les ouvriers ont déjà préparé les fondations et coulé les parpaings à notre arrivée, ce qui nous permet d’attaquer rapidement les murs. Lucien, notre chef de chantier, nous aide à garder motivation et bonne humeur sur le chantier malgré la pluie battante de l’hiver malgache par sa douceur, sa rigueur et ses talents de danseur.

Mis à part le chantier, vous avez pu découvrir le pays ?

Notre routine à Farafangana : récupérer le pain tous les matins dans un vieux hangar où se mêlent les boulangers aux fourneaux et les habitants dans un joyeux chaos, voir les beaux visages des malgaches s’illuminer à chaque « akora bé » prononcé sur le chemin du chantier par les vazaha que nous sommes, admirer l’élégance des femmes malgaches qu’un rien habille, s’écarter devant les voitures et les poussepousses qui filent à toute allure, se régaler de délicieux plats traditionnels préparés tous les jours avec amour par nos hôtes ou de samosas et de beignets achetés dans la rue, plier le linge en chantant avec Aristèle et Alice, rire aux éclats et se déhancher au son des hits locaux sur le chantier, se laisser surprendre par les combats de coqs, jouer avec les enfants qui nous apostrophent avec malice derrière la grille, apprendre le malgache avec nos patients accompagnateurs…
Nous avons également eu la chance de découvrir la région de Manakara, à 4h de taxi brousse de notre chantier. Manakara est située entre la côte et les Hautes Terres, les paysages sont sublimes. Nous avons flâné devant le ballet ininterrompu de pirogues à rames et admiré cette ancienne ville coloniale.

Que se passe-t-il à la fin de la mission ?

Le dernier jour de chantier, nous étions attendu par une cinquantaine d’enfants qui nous ont sauté dans les bras en nous apercevant. Ils avaient préparé un discours de remerciement très émouvant et des danses traditionnelles. Un moment rare de joie et de partage que je n’oublierai jamais !
La troisième semaine, nous avons décidé de continuer l’aventure tous ensemble avant le retour pour la France. Nous sommes partis à la découverte de Ranomafana, son somptueux parc national et ses lémuriens légendaires. Nous avons gravi le canyon des makis de Ranohira, pour finalement terminer l’expédition sur les plages paradisiaques d’Ifaty au sud-ouest de l’île.

Comment as-tu vécu ce séjour ?

En un mot : un séjour inoubliable ! A la fois, l’expérience la plus émouvante et la plus éprouvante de ma vie.

Un dernier mot sur Madagascar ?

Madagascar est souvent décrit comme l’un des pays les plus pauvres au monde. C’est pourtant l’un des plus riches ! Qu’il s’agisse de sa biodiversité (lémuriens, caméléons, poissons multicolores, arbres du voyageur, baobabs millénaires) ou de sa culture (18 ethnies officielles, un métissage incroyablement riche et une langue aux multiples variations régionales), l’Île rouge est un trésor à bien des égards. Nous avons eu la chance d’en découvrir les multiples visages en vivant au contact d’une population locale généreuse et pleine de joie de vivre qui nous a émerveillés tous les jours par son incroyable créativité et capacité à faire face à l’adversité.

Une expérience humaine magnifique qu’aucun de nous n’est près d’oublier.

Pourquoi l’Afrique ?

Worldschool, la série documentaire sur l’éducation des enfants du monde avec une première saison en Afrique

Worldschool et ses valeurs

A l’âge de 12 ans, j’ai effectué mes premiers voyages en Afrique. J’ai été étonnée et agréablement surprise par les valeurs des personnes que j’ai eu l’occasion de rencontrer, des valeurs fortes et différentes des valeurs françaises. Elles m’ont toujours guidées dans ma vie et elles sont au nombres de quatres :

  • La Famille : Une famille est comme un panel de personnalités que l’on t’offre à ta naissance pour appréhender le monde. Ce sont des personnes qui t’aiment dès le premier jour sans rien attendre de toi et qui seront toujours là pour toi. Évidemment, je suis une fine utopiste alors j’aime à penser que, même adulte, ce sentiment perdure même si ce n’est pas souvent le cas. De ce côté là, j’ai énormément de chance car je suis très proche de ma famille et c’est très important pour moi.
  • La Solidarité : Elle est essentielle pour s’accomplir et accomplir sa vie. Seul, nous ne sommes rien et nous ne réussirons pas à changer le monde. Etre là pour l’autre apporte un grand  réconfort car nous sommes utiles. 
  • La Simplicité : Je l’ai appris avec le temps, je n’ai pas toujours été comme ça. J’ai découvert mes vrais besoins petit à petit et grâce aux rencontres et personnes qui partagent ou ont partagé  mon quotidien. Finalement, c’est réussir à être heureux chaque jour et prendre les nouvelles avec plus de légèreté. 
  • Le Courage : C’est une des mes valeurs profonde. J’ai toujours vu mes parents se battre pour obtenir ce qu’ils souhaitaient et cela au détriment d’autres choses. Le courage c’est exactement ça : se dépasser même si c’est compliqué. Cette valeur a dicté ma vie car c’était précisément ce qui me rendait fière.

Worldschool et le continent africain

L’Afrique m’a toujours attirée par sa richesse de cultures et de couleurs. Tous les pays qui composent ce merveilleux continent ont réveillé en moi des valeurs que j’avais depuis toujours.  Ma rencontre avec l’Afrique a commencé à mon adolescence : en Tunisie, au Maroc, en Egypte, en Tanzanie et à Zanzibar, en Afrique du sud, au Cap Vert et à Madagascar.

J’aime beaucoup voyager en Afrique car le climat y est bon et clément, la nourriture est riche et les paysages sont époustouflants. Ce que j’aime quand j’arrive dans un de ces pays, c’est le fait de me sentir chez moi.

J’adore mon pays et bon nombre de ces régions mais la vision du monde que nous offre la France n’est pas toujours la mienne. J’aime à rêver que nous serons un jour tous heureux d’être juste là, vivant et en bonne santé. J’aime à rêver que tous les futurs adultes français seront plus indulgents, bienveillants et aimant les uns envers les autres. 

En Tunisie, j’ai découvert l’immensité du désert, et j’ai compris que j’étais si petite face à l’infini du monde.

Au Maroc, j’ai découvert la chaleur écrasante et la multiplicité des saveurs, et j’ai compris que j’avais encore beaucoup à apprendre. 

En Egypte, j’ai découvert la richesse de nos océans, et la grandeur de l’histoire, et j’ai compris que notre passage sur terre était insignifiant et éphémère.

À Zanzibar, j’ai découvert une famille vivant sur une île tout en n’ayant jamais vu la mer, et j’ai entendu un guide me dire qu’il a arrêté l’école n’ayant ni crayon ni cahier pour continuer, et j’ai compris que je voulais utiliser mon temps pour ne plus entendre ces mots.

En Afrique du Sud, j’ai découvert le passé douloureux d’un pays ségrégationniste, et j’ai compris que la lutte pour l’égalité était loin d’être finie. 

Au Cap Vert, j’ai découvert la pauvreté derrière les murs des hôtels luxueux, et la gentillesse des hommes désireux de nous faire découvrir la richesse de leurs îles, et j’ai compris que nous étions en train de créer des paradis illusoires de toute pièce.

Enfin, à Madagascar, j’ai découvert des enfants heureux et plein de vie, j’ai pleuré à la rencontre du chantier qui nous attendait : la construction d’une école, et j’ai compris que j’étais à ma place.

Worldschool et Audrey Boufflers

J’ai fait connaissance avec le continent africain  en CM2 avec ma professeure. Elle aimait nous conter ses voyages au Togo, je voyageais à travers ses photos et ses récits. Durant ses congés, elle s’engageait bénévolement pour donner des cours dans des écoles et je l’ai toujours admirée.

Du haut de mes 10 ans, je la trouvais courageuse, et j’avais hâte d’avoir son âge pour accomplir mes propres rêves. Mes parents m’ont permis de commencer à voyage jeune, découvrir le monde était devenue ma priorité. J’aime voyager en Afrique car la découverte y est totale.  

Chaque personne rencontrée s’est toujours montré à l’écoute et aidante à mon égard. J’aime également sortir de ma zone de confort et aller à la rencontre de mon moi intérieur. Cette sensation je ne la ressens véritablement qu’en Afrique. Il n’y a que dans ces pays que je ne me suis pas sentie de trop à un dîner alors que déjà 10 personnes attendaient à table. Aucune porte d’aucune maison n’est fermée.

Les habitants vivent avec simplicité et modestie, bien loin de tous les préjugés que nous pouvons subir en Occident. J’ai choisi l’Afrique pour la première saison de WORLDSCHOOL car je ne voulais me mettre aucune barrière. Dans ce projet, je réalise plusieurs de mes rêves : défendre une cause qui me tient à cœur, voyager seule et partir à ma rencontre.

Worldschool avec et grâce vous !

Je m’envole donc pour le Rwanda, le Gabon, le Togo et le Sénégal, quelle aventure m’attend ! J’ai hâte de détruire tous ces préjugés que nous impose la société dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Je refuse de ne pas vivre mes rêves par peur. Ce n’est pas facile, cela peut même être déroutant parfois, mais je crois qu’en allant au delà de ce que je pensais possible, je me dépasse et je ne me suis jamais sentie aussi vivante. A 28 ans, j’ose enfin vivre ma vie, c’est pourquoi j’ai décidé de me consacrer à ce projet à 100%. 

Worldschool c’est également un projet d’équipe ou plusieurs de mes proches également touchés par la thématique de l’éducation m’ont rejointe. 

Nous avons décidé de lancer une campagne de financement participatif pour pouvoir fédérer et créer une communauté autour du projet. Ce projet ce n’est pas le mien, c’est le vôtre, c’est le nôtre. Sans ce soutien financier et psychologique nécessaire nous ne nous serions pas lancés dans cette folle aventure.

Ce projet, je le veux avec vous et je vous remercie du fond de mon cœur d’accepter de vivre le projet de ma vie avec moi.

Worldschool est une aventure collective grâce à vous.
Au Rwanda, nous sommes parties avec Marie Albert, une amie de longue date.
Pour découvrir Marie, je vous invite à lire les prochains articles, vous y découvrirez aussi toutes les autres fées qui ont rejoint le rêve Forthebest Education.
Nous sommes prêts pour faire vivre pleinement la citation de Nelson Mandela : « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde »